RICHESSES NATURELLES : A NOUS D’EN PRENDRE SOIN
Est-ce que vous avez déjà entendu parler de la Cembraie sur Gypse ?
Au cœur de la station de la Plagne, un écosystème rare et fascinant a su trouver refuge : une cembraie sur sol gypseux, née d’un équilibre aussi subtil que précieux. Ici, le pin cembro, enraciné dans un substrat peu commun, s’épanouit grâce à un partenaire inattendu : le cassenoix moucheté, un oiseau qui assure la dispersion de ses graines. Cette alliance improbable entre faune, flore et géologie donne naissance à un habitat naturel unique en Savoie.
Cet écosystème singulier, fruit d’une alchimie rare, fait aujourd’hui l’objet d’une attention particulière. Dans le cadre de la Stratégie Nationale pour les Aires Protégées, une démarche de concertation locale a été initiée afin de réfléchir collectivement à sa préservation. Autour de la table : les services de l’État (DDT), la commune de La Plagne Tarentaise, le Syndicat Intercommunal de la Grande Plagne, la Société d’Aménagement de La Plagne, l’Office de Tourisme, l’ONF, l’association Vivre en Tarentaise, le Parc National de la Vanoise, et bien d’autres acteurs impliqués dans la gestion du territoire. Un objectif commun s’est rapidement imposé : protéger cet habitat exceptionnel tout en conciliant les usages existants.
Parmi les solutions envisagées, l’Arrêté Préfectoral de Protection des Habitats Naturels (APPHN) pourrait constituer un levier pertinent. Il permettrait de délimiter un périmètre protégé et d’établir, en concertation avec les usagers, un règlement adapté aux réalités du terrain. Mais rien n’est encore figé. La concertation va se poursuivre et s’élargir, afin de choisir collectivement l’outil de protection le plus adapté aux spécificités de cet espace exceptionnel.
Mise en place d’un nouvel outil pour protéger durablement la zone des Bourtes : l’Obligation Réelle Environnementale
En 2025, la station franchit une nouvelle étape avec le remplacement de la télécabine de Roche de Mio. En effet, un nouvel équipement, plus moderne et performant, sera mis en service dès la saison d’hiver. Comme auparavant, le départ s’effectuera depuis Plagne Bellecôte, mais la ligne desservira désormais Roche de Mio via une gare intermédiaire située au col de Forcle. Ce projet s’inscrit dans une volonté commune de l’exploitant du domaine skiable, du SIGP et de la commune de La Plagne Tarentaise de mise en valeur de la station durant la saison estivale.
Dans ce contexte, des mesures environnementales ambitieuses ont été intégrées afin de limiter et compenser les impacts sur le milieu naturel. Parmi elles, la création d’une Obligation Réelle Environnementale (ORE) sur une zone de 70 hectares située aux Bourtes, là où la remontée a été démontée. Cet outil, inédit sur le territoire de La Plagne, permettra de restituer cet espace à la nature et de favoriser la biodiversité.
Un plan de gestion écologique sera mis en œuvre conjointement par l’exploitant du domaine skiable et CDC Biodiversité, entreprise privée garante de la bonne application de l’ORE. Ce plan visera à restaurer et maintenir les habitats propices à la faune et à la flore locales, tout en préservant la quiétude du site.
Enfin, la durabilité de cette action est assurée puisque la commune de La Plagne Tarentaise (propriétaire du foncier), le SIGP et l’exploitant du domaine skiable se sont engagés, via contrat, à protéger cette zone pendant une durée de trente ans.
Le tétras-lyre : un habitant discret à protéger
En plein hiver, sous la poudreuse, le tétras-lyre creuse un abri pour se protéger du froid et des prédateurs. Cependant s’il est dérangé par un skier ou un randonneur, il est forcé de s’envoler, dépensant une énergie précieuse qui peut lui coûter la vie.
Afin de préserver cette espèce emblématique de la faune, alpine, une convention de partenariat pour la protection de l’avifaune patrimoniale a été signée en décembre 2024 entre le Parc National de la Vanoise (PNV) et l’exploitant du domaine skiable (la SAP).
Dans ce cadre et suite à une concertation avec tous les acteurs locaux (exploitant, PNV, école de ski, accompagnateurs, Office National des Forêt, Office de Tourisme, etc.) : plusieurs zones de tranquillité ont été instaurée sur le domaine skiable. Signalées par des panneaux sur le terrain ainsi que sur le plan des pistes, elles visent à limiter l’accès à certains secteurs sensibles tout en sensibilisant les usagers de la montagne.
Le bon réflexe : repérer et respecter ces zones sur le plan des pistes. Un geste simple pour préserver le tétras-lyre
Le Dôme de Vaugelaz : un espace vivant avec une richesse écologique d’exception
Situé sur les communes de La Plagne Tarentaise, Bourg-Saint-Maurice et Les Chapelles, le Dôme de Vaugelaz est un site remarquable, à la fois vivant de part sa fréquentation (VTT, randonneurs, skieurs de randonnée, etc.), et fragile de part sa richesse écologique exceptionnelle. Depuis 2022, les trois communes travaillent main dans la main avec l’Assemblée du Pays Tarentaise Vanoise (APTV) pour réfléchir à l’avenir de ce lieu emblématique. L’objectif ? Construire une stratégie partagée avec tous les usagers du site : agriculteurs, randonneurs, chasseurs, habitants, associations, etc.
Ce premier temps de concertation avec les acteurs locaux a permis de faire émerger les enjeux majeurs liés à la fréquentation du site, aux conflits d’usage, et à la préservation des milieux naturels. Pour enrichir cette réflexion, les élus ont fait appel en 2025 à un groupe d’étudiants en Master Géographie et Aménagement de la Montagne de l’Université Savoie Mont Blanc. Leur mission : proposer des pistes concrètes pour mieux concilier les usages et imaginer un accueil plus harmonieux sur le site.
A venir : la création de « portes d’entrée » au Dôme, des aménagements légers qui marqueront la transition entre les villages et les milieux naturels. Elles auront une fonction essentielle : informer et sensibiliser les visiteurs aux richesses écologiques, agricoles et patrimoniales du Dôme de Vaugelaz, et encourager des pratiques respectueuses de l’environnement.
